Moi aussi je suis une fille d'exilé de Tunis. Et je vis avec cet héritage tantot lourd a porter par le poid d'une histoire passée et revolue et tantot leger comme le parfum du couscous ,qui comme l'ecrit si bien cette cousine, n'a deja plus le parfum de celui que l'on a connu puisque pour ma part ma grand mere paternelle est décedée. Et meme si ma mere a su avec une grande réussite s'initier aux arts culinaires de cet autre coté de la méditerranée, jamais plus mes narines n'auront le plaisir de ressentir le parfum exact de mes souvenirs.
Bref, ma cousine décrit dans son livre les fesses des 3 soeurs de son père donc par consequent les fessesentre autres de ma grand mère. J'ai trouvé cette description tellement drole et juste que je vous en fait part aujourd'hui car dans ce récit (heritage, héritage...)c'est aussi mes fesses que j'y vois...
" Les fesses des femmes tunisiennes sont magnifiques, pleines, affectueuses, souriantes, pas prétentieuses pour 2 sous! Quand j'en reconnais une dans la rue ou que j'admire les miennes dans la glace, ça me fait du bien! Flic, Flac! J'adorais regarder les fesses des 3 soeurs de mon père. Cela me procurait de la quiétude, une sorte de bien être permanent!
Leurs placards regorgeaient de gâteaux, de dattes de Tunis gluantes, collantes, sucrées a s'etouffer, de chocolat blanc, noir, au lait, des bonbons et de la boutargue en quantité incroyable. Flic Flac! La gauche, La droite!
Mes 3 tantes ressemblaient aux fées de la belle au bois dormant...Elles ne parlaient pas, elles chuchotaient. Elles ne criaient pas, elles se vexaient!
Leurs fesses avaint chacune sa personnalité, sa singularité. La gauche avait plus de personnalité que la droite et voulait affirmer ses acquis. Un combat marxiste sans fin! "Laisse moi passer! Moi d'abord! Pousse toi, tu ne vois pas que tu me genes!"
Mes tantes allaient et venaient dans leur cuisine avec des plateaux de délices odorants, pêtris de passion et de gourmandise. Un mélange salé sucré de toutes les couleurs, de toutes les odeurs de la Tunisie. Il fallait tout manger dans l'ordre qui nous plaisait mais surtout ne rien laisser. Elles n'aimaient pas qu'on puisse refuser leurs offrandes. Je m'exécutais sans aucun problème!
Même si mon père pointait du regard leurs fesse d'un air de dire: "Tu vois le resultat si tu continues a manger comme ça!"
Moi, le résultat me plaisait!
Bien mieux que les petites fesse hautes et majestueuses de ma mère qui allaient insidieusement me dictaient la loi des femmes qui doivent plaire et séduire.
...
Parfois j'imitais la démarche des 3 soeurs: La fesse gauche, puis la droite. Je faisais plier mon genou comme si je soulevais un poids, de l'autre côté à la façon d'un balancier! Mais sans effort! C'était cela le plus dur a imiter! Un chaloupé fessier voluptueux!
Petite, j'avais bien conscience que des fesses comme les leurs etaient la clef du bonheur. Adolescente, je les ai fuies. C'est seulement aujourd'hui que je revient a elles. Elles me rassure quand tout me lâche. Mes fesses de tunisienne c'est ma marque de fabrique, mon patrimoine génétique, mon appartenance a une caste de femmes qui se baignent dans l'huile d'olive, rient a gorge déployée dans les moments les plus douloureux. Oui j'aime mes fesses de tunisienne!"
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